Vivre à l’étranger: Surmonter les difficultés

vivre ailleurs

Dans les derniers mois, si tu suis mon blog sur facebook, tu as probablement vu ces photos te passer sous le nez en déroulant ton fil d’actualité.

 

 

Des soleils couchants, la mer, des fruits frais, des palmiers bref, des photos qui, on va se le dire, font un peu rêver…

Je reçois beaucoup de messages d’amis et de personnes qui suivent le blog me disant que j’ai beaucoup de chance de vivre au chaud, que c’est tellement awesome de  »yogater » avec le lever du soleil et de surfer au soleil couchant, de voyager en fait…

Il y a une chose par contre qui ne paraît pas sur les photos, et ce sont les difficultés que je dois surmonter chaque jour, le défi quotidien qu’est de vivre dans un autre pays. Et que même si j’ai droit au magnifique spectacle qu’est celui de voir le soleil disparaître dans l’océan le soir, ça n’efface pas le fait que je me sens souvent homesick.

Je pense qu’il est très important de ne pas confondre voyager & vivre dans un autre pays. Deux choses auxquelles je ne faisais aucunement la distinction avant de vivre au Mexique.

Les difficultés

  1. La langue: De toute évidence, la langue dresse parfois une barrière entre les locaux et nous. Bien que je parle espagnol, j’ai parfois du mal à me faire comprendre. Je ne maîtrise pas encore la langue parfaitement, je n’ai pas la rapidité ni la fluidité pour répondre rapidement. Parfois, je me fais manquer de respect subtilement et je ne le réalise que quelques minutes plus tard. Le feeling est pas trop agréable…
  2. Être une femme:  Celui-là me fait soupirer. La choses la plus difficile pour moi est ce point. J’ai envie de me battre pour les femmes car cela me frustre de voir qu’ici la plupart des hommes ne se gêne pas pour nous traiter de façon totalement inadéquate.  Je ne peux marcher seule sans me faire siffler à tous les coins de rue (aucune exagération ici…) , me faire mater par des senors un peu trop vieux, tsé le genre de truc qui te fait frisson dans le dos et redresse tous les poils de tes bras. Je l’avais déjà vécu ailleurs dans d’autres pays, mais sachant que je vis ici et que je dois faire face à ce genre de comportements irrespectueux chaque jour, c’est loin d’être évident. J’ai toujours aimé croire qu’il est facile de voyager seule quand on est une femme, que nous aussi rien ne peut nous arrêter, mais depuis que je suis ici, j’apprends qu’il est malheureusement vrai qu’on doit prendre plus de précautions. Attention je ne veux pas en décourager une ici, on peut voyager seule, mais on doit le faire d’une manière peut-être un peu différente qu’un homme seul.
  3. La culture: Le Mexique n’est pas un pays où je trouve qu’il est facile de s’adapter car les façons de vivre sont très différentes. La nourriture est très différente, beaucoup de sel, de gras, de friture et de piquant. C’est difficile de trouver un endroitoù manger une simple salade ou pire, quelque chose de vegan qui soit autre que du riz & des haricots noirs. By the way, le Mexique est maintenant le pays avec le plus haut taux d’obésité au monde. Aussi, la musique locale est présente partout et c’est rare qu’elle s’écoute à un volume décent.
  4. La misère: La pauvreté, la malnutrition, l’accessibilité difficile à l’éducation, la pollution, l’alcoolisme, la violence, les chiens errants, des très jeunes filles avec un bébé dans les bras, sont des choses que je vois au quotidien.

J’aimerais dire que tout est beau, que les vagues sont magnifiques et que je vis ici la vie parfaite mais ce serait faux. J’aimerais pouvoir dire que je me sens toujours bien, confiante et forte mais ça aussi c’est faux. Je pleure parfois de joie mais aussi de tristesse, je suis souvent frustrée par ce que je vois et par certains comportements dont je suis témoin.

Je pense que de voyager dans un pays aussi différent du Canada peut être une expérience absolument magique. Que de se baigner dans une culture si riche et inconnue est très enrichissant. Je pense que sur le court terme, voyager ici c’est une aventure joyeuse et plaisante, mais que sur le long terme, ça peut rentrer dedans.

Surmonter les difficultés

Bon, je me suis peut-être montrée un peu décourageante mais toute difficulté à sa solution.

  1. Checklist: À chaque fois que j’achète un billet d’avion pour ouvrir mes ailes et voler vers un autre pays, j’ai toujours toutes sortes de projets qui déboulent dans ma tête. Que ce soit de surfer tous les jours, d’apprendre la Salsa, de revenir au Québec parfaitement trilingue ou de faire mon PADI j’ai toujours cette petite liste d’objectifs que je traîne avec moi. Faire une liste du genre peut nous aider à garder le focus sur nos projets et nos objectifs. C’est bien de se demander comment je peux tirer le maximum de mon voyage. Sortir de sa zone de confort et foncer afin de réaliser ses objectifs aide non seulement à surmonter les temps difficiles mais aide à développer sa confiance en soi et être heureux.
  2. Appeler à la maison: S’il y a une chose qui me fait le plus grand bien depuis que je suis ici c’est d’appeler mes amis et ma famille, de prendre de leurs nouvelles et de savoir qu’il y a des gens qui sont là pour moi. Avoir des photos des personnes qui m’inspirent et des gens que j’aime dans ma chambre pour me rappeler de rester forte et de garder la tête haute, que même si je me sens seule, je suis loin de l’être.
  3. Prendre du temps pour soi: En plus de la checklist, c’est bon d’avoir une autre liste où on inscrit les choses qui nous font du bien. Sur la mienne j’y ai inscrit des trucs du genre : travailler sur mon blog, courir, faire du yoga, me lever tôt, lire, marcher dans la nature, etc… Parfois quand on se sent un peu avec un flat mood il faut se donner un petit coup de pied pour sortir de  notre zone de confort et faire ce qui nous fait du bien, même si on en a pas envie. Parce que pour tous les coureurs, surfeurs, yogis, on ne regrette jamais un work out, une séance de surf ou un rendez-vous sur notre mat, JAMAIS!
  4. Être courageux: Le dernier mais non le moindre, garder la tête haute et faire preuve de courage. Prendre conscience de l’expérience que l’on vit et essayer d’en tirer un maximum. Se souvenir que les difficultés font grandir et réaliser que tu peins une tranche de vie de laquelle tu apprendras énormément pour ta vie future.

Voyager, vivre ailleurs, découvrir, explorer, vagabonder, se promener peu importe comment vous l’appelez, vivre ailleurs pour une courte ou longue période représente bien sûr des défis, comme n’importe quoi. Peu importe le pays vers lequel on va ou le temps qu’on y reste, sortir de sa zone de confort, un peu ou beaucoup, c’est un énorme apprentissage. Bien sûr, il faut aimer apprendre… car voyager ou vivre ailleurs n’est pas toujours synonyme de facilité. Il faut utiliser des habiletés qu’on n’a pas toujours la chance de développer au quotidien.

En fait, tout est apprentissage dans la vie et malheureusement ou heureusement, ce sont souvent les plus grands défis qui nous apprennent le plus sur nous-même et nous font grandir. N’aie pas peur de l’inconnu, n’aie pas peur de te sentir parfois perdue ou dépourvue de repères car rien n’est permanent, rien sauf les leçons que l’on retire de nos expériences de vie. Peu importe ce que tu vis en ce moment, souviens-toi que tout le monde traverse des moments un peu plus embrouillés que d’autres, tout le monde. Ce n’est juste pas tout le monde qui choisit de s’ouvrir et d’en parler. N’aie pas peur de mettre ta fierté de côté et de laisser les autres t’aider, d’accepter ce qui se passe et continuer d’avancer. Essaie de voir le bon côté des choses, de voir les temps gris comme des périodes d’apprentissage et sois courageux, tu ressortiras de ceux-ci plus fort(e) et encore plus motivé sachant que tu peux accomplir de GRANDES choses!

Je te souhaite beaucoup de bonheur, d’aventures et de voyaaaaaaage…

 

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11 réflexions sur “Vivre à l’étranger: Surmonter les difficultés

  1. Il faut un certain courage pour sortir de sa zone de confort mais c’est vrai que lorsqu’on y arrive on se sent mieux!
    Quant aux points « négatifs » que tu cites, je vois exactement de quoi tu parles!! Ici, pas les mêmes problèmes certes car l’Irlande est un pays dit riche et je suis en pleine campagne mais justement je suis en pleine campagne et les problèmes qui vont avec!
    En tout cas bon article!

  2. Ca c’est sûr vivre à l’étranger a ses points très positifs mais aussi ses points négatifs.
    C’est très enrichissant mais cela demande des sacrifices niveau famille, niveau de vie.
    Et encore tu parles espagnol même si ce n’est pas encore très « fluent » je t’envie ! Moi je pars en Chine où je ne comprends que très peu et c’est malheureusement mon copain qui doit faire de l’interprétariat mais bon je compte tout de même m’y mettre !

  3. Oh, j’aurais tellement aimé que tu finisses ton article par une note super positive ! A te lire on dirait que vivre au Mexique est encore plus compliqué qu’être unijambiste et gagner la Diagonale des Fous !
    Pourtant, choisir de vivre à l’étranger est une chance : avoir la capacité de réfléchir, rêver dans plusieurs langues … croiser cette marchande de fruits tous les jours et pouvoir enfin communiquer avec elle autrement que par des sourires après des semaines passées à apprendre l’espagnol … échanger avec des femmes sur leur quotidien, leur réalité et leur proposer notre manière de voir les choses pour faire évoluer la condition de la Femme ici et là-bas … se poser sur un hamac et commencer à fredonner du reggaeton et sourire à l’idée que ça y est, on est en voix de « latinisation » … manger du riz et des haricots rouges trois fois par jour, rêver d’une salade verte, rentrer chez soi, manger une salade verte et rêver de manger du riz et des haricots rouges …

    Bien sûr que vivre l’étranger comporte son lot de difficultés, de « mais pourquoi je suis là déjà ?! », de « bajones » mais plutôt que du courage, je pense que pour en profiter, il suffit d’un sourire … du sien … de celui du chauffeur de bus qui s’arrêtera au plus près de notre destination car il a vu notre air perdu … de celui de ce bébé sortit du ventre d’une maman de 13 ans … de celui de ces jeunes à qui tu expliqueras que dans ton pays on a des cours d’éducation sexuelle … juste un sourire pour se rappeler qu’on a fait le bon choix !

    En tous cas j’espère que tes moments de joie et de bonheur dans ton pays d’accueil sont plus nombreux que ces moments de doutes, de difficultés 🙂

    1. Bonjour Plume,

      Merci pour ce beau commentaire, j’admire ton positivisme. La vision dont tu me fais part, c’est exactement celle que j’ai lorsque je voyage. Bien sûr il y a plein de choses que je trouve magnifique et que j’admire telles que les paysages, la chaleur des gens et j’apprend beaucoup sur ceci.

      Mon copain est mexicain et je suis en relation tellement proche avec ce qui se passe ici, beaucoup plus que quand j’étais qu’une simple touriste extérieure et parfois j’avoue j’aimerais oublier certaines choses que je sais, mais en même temps, c’est tellement important de s’ouvrir et d’apprendre. Bien que j’aimerais voir que le positif ou du moins voir le positif dans le négatif ce n’est pas toujours si facile. Je ne dis pas que c’est impossible, j’y travaille et peut-être même que j’aurai la même vision que toi d’ici quelques mois, pour l’instant j’ai choisi de partager comment je me sens ici car j’ose croire que je ne suis pas la seule qui traverse des difficultés.

      Bien que j’ai toujours voulu garder mon blog positif & léger je trouve encore plus intéressant d’être vraie et de partager non seulement du beau et du rêve mais aussi parler des moments un peu moins facile car disons le tout le monde en a 🙂

  4. Toujours très agréable de te lire ! C’est certain que la vie nous réserve bien des désagréments mais beaucoup de gens voudrais avoir la capacité de faire le même trajet que toi .Tu es une fonceuse et tu es admirable . Quel beau périple malgré la barrière de la langue mais je sais que tu vas tout réussir tous tes projets malgré toutes les petites difficultés qui vont avec les découvertes . Bon courage ( et je sais que tu en as ) ….je n’ai pas la chance de beaucoup de connaître mais le peu que j’ai vu me font savoir que tu n’abandonne jamais ce qui est commencé. Alors je vais bien lire des écrits car tu es intéressante et tu me fais voyager en même temps dans un coin du monde où je n’irai probablement jamais . En attendant ta prochaine intervention je te salut et te souhaite tout le plaisir et l’amour que tu mérites .Bye ,

  5. Allo chère Élise, Quel beau texte ! quelle lucidité et maturité et franchise dans ton blog. Tu es admirable. Tu es chanceuse de faire ce cheminement dans un pays latino. J’ai organisé dans ma vie beaucoup de stages avec des amiEs, des militants-tes engagéEs socialement en Amérique latine, Caraïbes, Moyent-Orient. Plusieurs de ces personnes ont déploré ne pas avoir l’occasion de faire des stages de deux-trois mois ou plus en Amérique latine pour arriver à une transformation profonde de leur vie.
    Notre destin, bien que chacun-e le construit soi-même en partie, comprend toujours une partie de mystère, que l’on est appelé d’en découvrir le sens profond pour soi.
    Je te souhaite de découvrir le meilleur pour te réaliser pleinement et sereinement. Ce bagage d’expérience dans ton quotidien te servira pour tout au long de ta vie. Abrazo inmenso querida Élise.

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