Grandir grâce à la vulnérabilité

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Aujourd’hui je te compte une petite anecdote de laquelle j’ai retiré une leçon, probablement une des plus grandissantes de ma vie.

Mon copain m’avait amenée visiter cette magnifique église à Petatlan, au Mexique. Ok first, je dois admettre que je n’ai jamais eu d’éducation religieuse et je n’ai jamais aimé les églises, je les trouve sombres pour ne pas dire apeurantes. 
Mais celle-ci était vraiment différente, peinte de jaune clair & de blanc, remplie de fleurs, ouverte au grand air on pouvait y sentir une douce brise chaude et entendre les oiseaux chanter. 

Lorsqu’on est entré, mon copain s’est assis et s’est mis à prier. Je ne me souviens pas la dernière fois que j’ai éprouvé un si gros malaise, hihi…ça me fait rire de m’en rappeler, je restais là debout toute crispée ne sachant pas quoi faire comme si je voulais me sauver.  Ramiro m’a tendu la main pour que je m’assois auprès de lui j’ai marché comme un robot et me suis assise à ses côtés très droite, comme si mon corps n’avait plus aucune fluidité, le regard fixé vers l’avant les yeux ronds, il n’était pas question que je prie ou que je demande quoi que ce soit… je ne me sentais vraiment pas dans mon élément. 
Je ne sais pas d’où c’est venu, j’ai eu cette pensée pour mon frère, c’est arrivé comme une vague à l’intérieur de moi une flèche droit au coeur et moi qui n’avais jamais prié de ma vie, j’ai prié pour ma famille et les gens que j’aime. J’ai craqué et fondu en larmes sans savoir pourquoi. J’essayais de me contrôler, de me calmer avant que quelqu’un m’aperçoive ainsi mais j’étais incapable. Je me souviens m’être répété ‘’mais qu’est ce qui te prend?’’  comme si je faisais quelque chose de mal. 
Mais c’était hors de mon contrôle, les larmes ne faisaient que couler, couler je me sentais si impuissante.

Peu à peu, j’acceptais ce qui se passait, après tout, pourquoi me battre contre quelque chose qui était hors de mon pouvoir. J’ai accepté que je ne pouvais contrôler mes larmes et j’ai lâché prise. Mon égo avait tout d’un coup disparu, cette image de femme forte qui n’a besoin de rien ni personne pas même de Dieu s’était dissipée pour laisser la place à une humaine comme les autres faisant finalement face à sa vulnérabilité. 

La vulnérabilité est vue comme une faiblesse, une honte. On ne veut pas paraître faible ou impuissant, on ne veut pas avoir l’air fou, on veut être accepté, avoir l’air d’une personne forte, qui a la tête sur les épaules et qui sait exactement où elle s’en va.

Il faut être vrai mais pas vulnérable, fort mais pas arrogant, amical mais pas collant, amoureux mais indépendant, mince mais pas obsédé par son poids, bien habillé mais pas en faire trop, sexy mais pas vulgaire, souriant mais pas idiot, intéressé mais pas désespéré…Comment se retrouver dans tout ça? Comment rester une personne vraie et authentique, si on essaie constamment de fitter dans le moule?
On se met constamment cette pression de vouloir plaire aux gens autour de nous, et si on abandonnait notre armure pour laisser place à notre vraie personnalité? Si on arrêtait de se laisser influencer par ce qu’on entend autour, dans les médias pour célébrer la personne que nous sommes…

 

Brené Brown, qui a écrit plusieurs livres & fait plusieurs Tedtalks (Lien à la fin) sur le pouvoir de la vulnérabilité a écrit un paragraphe dans son livre I tought it was just me (but it isn’t), que j’aimerais partager. Elle à écrit ceci:

Essayer d’échapper à l’influence des médias dans la culture d’aujourd’hui est aussi possible que d’essayer de nous protéger de la pollution de l’air en arrêtant  de respirer.
Kilbourne décode les messages qui ornent les couvertures de magazines féminins.
Elle montre comment les couvertures sont généralement collées avec des titres accrocheurs comme : ‘’Perdez 15 livres en 10 jours’ ‘ ou  » Comment retrouver la santé et s’alléger en été  »
Cependant , les images qui vont avec ces lignes ne concordent jamais.
Le slogan  » perdre du poids maintenant » plane sur un gâteau mousse double chocolat plutôt qu’une femme de 175 livres qui sue sa vie sur un tapis roulant.

C’est drôle, j’ai été longtemps dans le monde du fitness, j’allais sur Instagram et déroulait des pages de quotes du genre…

 

Ces phrases n’avaient l’air de rien, mais aujourd’hui quand je les regarde, je réalise qu’elles évoquent un certain mépris. Comme si ceux qui allaient au gym réussissaient mieux que les autres, comme si les gens qui restaient sur leur canapé étaient des nuls, comme s’il fallait que tu te frappes sur les doigts si un matin tu n’as pas l’énergie d’aller t’entraîner…

Je ne croyais pas que ces images avaient des impacts sur moi, après tout, je ne m’en servait que pour me motiver. Ce que je n’avais pas réaliser c’est qu’elles m’ont aussi amenée à juger les gens qui n’avaient pas mon énergie. Dans ma tête, je me disais que si les gens ne font pas de sport, c’est qu’ils sont paresseux, que les gens qui sont en surpoids le sont car c’est leur choix, que ceux qui n’ont pas d’argent c’est parce qu’ils ne se forcent pas etc. 
Le truc c’est que tout n’est pas noir ou blanc. Je n’ai aucune idée de ce qui se passe dans la vie des autres, pourquoi il y en a certain qui par exemple, se sont retrouvés dans la pauvreté.

Ce que je veux dire c’est que de juger les autres ne les aide pas à devenir meilleur mais les pousse à se voiler la face un peu plus. Sans vulnérabilité pour nous-mêmes, on ne peut accueillir l’empathie pour les autres. Je crois que le jugement est un produit de l’armure que l’on porte, fait par la personne que l’on prétend être. 
Au lieu de porter des jugements sur les autres, je peux dire merci d’avoir beaucoup d’énergie et une bonne santé.

Quand j’ai fait ma formation de professeur de yoga, le swami qui m’a formée, bien avant de devenir Swami, travaillait dans la publicité. Il retouchait des photos de mode. Il nous disait que quand une photo arrivait dans son bureau, elle ne ressortait pas tant que la fille sur celle-ci n’accotait pas les standards de l’industrie. Who cares si ce n’est plus la même fille à la fin de la retouche, l’important c’est que les gens voit un idéal, idéal qui n’existe même pas dans la vraie vie. Et nous, on tourne les pages de nos magazines et on bourre notre crâne de phrase du genre « get this body in 2 weeks », en aspirant être cette image créer de quelques coups de clics.

 

Je suis allée chercher Ramiro à son entrainement de boxe hier, quand je suis entrée au gym deux gars m’ont fixée de la tête au pieds arrêtant leur regard sur mes jambes pendant un peu trop longtemps. Je me suis tout de suite sentie mal parce que je n’étais pas épilée.
Je sais que ça nous arrive toutes les filles, mais je me demande pourquoi je me suis sentie inconfortable, presque honteuse. Comme si je venais de perde une part de ma féminité parce que mes jambes n’étaient pas aussi lisse que celles de la fille sur le billboard de Vénus. 
On nous dicte constamment ce qui est acceptable de ce qui ne l’est pas. Ce qu’une femme et un homme devraient être et ne pas être et comment devons-nous agir pour faire partie de la masse. Il n’y a qu’un certain seuil de folie qui est toléré ou socialement acceptable.

Et sans le savoir, on embarque dans ce cirque. Chaque matin on passe par notre garde-robe et on choisit le masque que l’on va porter. Si on passe la journée au boulot on choisit celui du bon travaillant, si on va chercher les enfants on prend celui du responsable, si on rencontre notre belle famille on met celui de le ou la conjoint(e) parfaite et ainsi de suite.
À force de se prendre pour ce qu’on n’est pas, on à du mal à être nous-mêmes car on a aucune idée de qui on est.

On doit accepter les difficultés qui nous rendent humain; l’imperfection, la folie, l’erreur etc.

On peut accepter de faire des erreurs ça ne veut pas dire qu’il faut se considérer comme l’erreur elle-même.

Parfois il arrive qu’on se sente triste ou mal dans sa peau. On a pas à trouver la raison exacte, il faut accepter qu’il n’y a pas toujours de réponse à nos questions. On doit apprendre à lâcher prise et accepter ce qu’on ne contrôle pas. Se traiter avec douceur et patience plutôt que de se dire ‘’allez ressaisis-toi!’’. C’est permis de ne pas toujours se sentir au top.

C’est permis de se dire : « aujourd’hui je ne me sens pas comme une superwoman et c’est correct ».

J’ai réalisé que plus on se permet d’être vulnérable, plus on accepte ce qu’on ressent plus on s’accepte et qu’on est bien avec soi-même. Quand nos pensées, nos mots & nos actions sont en harmonie, il est tellement plus facile d’avancer, mais c’est quelque chose qu’on doit pratiquer quotidiennement.

Ça peut foutre la trouille de choisir d’être vulnérable, de laisser l’égo de côté et d’ouvrir son coeur, pourtant en restant ouvert et authentique on expérimente des connections des plus profondes avec les autres et avec soi.

J’ai longtemps eu cette mentalité de « je suis une femme forte, je n’ai besoins de personne et je ne laisserai personne me faire du mal » kind of thing. Je choisissais de me fermer et me protéger d’une armure, des fois que quelqu’un verrait qui je suis réellement et découvrirait que je ne suis peut-être pas la femme forte que je prétend être.

Ça prend du courage pour être vulnérable et au risque d’être blessée, aujourd’hui je préfère mille fois mieux m’ouvrir et mettre mon coeur à nu, même si ce n’est pas toujours facile que de jouer un jeu qui ne m’aidera jamais à évoluer. 

N’attends pas que tes proches soient partis pour leur dire à quel point tu les aimes.

Regarde ton copain droit dans les yeux et riez ensemble au milieu d’une dispute.

Soit la personne intéressée plutôt que celle qui joue la désintéressée.

Ne te prends pas trop au sérieux, ça durcit les traits du visage.

Aie le courage d’être authentique.

Apprivoise ta vulnérabilité et n’aie pas peur de la montrer, les gens diront ce qu’ils veulent l’important c’est que tu oses être toi-même et ça même si tu ne fit pas exactement aux «standards établis» parce que let’s be honest, personne n’y correspond parfaitement et tout le monde a un brin de folie à l’intérieur. Les standards sont borings, ne perdons pas notre temps à essayer d’y répondre et laissons briller cette belle flame d’authenticité que nous avons tous en nous. Sois spécial, sois toi-même, pas une copie!

Get out there & have fun 🙂

  

“What makes you vulnerable makes you beautiful.” -Brené Brown

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3 réflexions sur “Grandir grâce à la vulnérabilité

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